Calendrier

« Février 2010
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728

aureza

aurezaEt je n'ai jamais eu de couleur préférée.

Blog

Derniers billets

Compteurs

Liens

Fils RSS

tragédie

Par aureza :: 07/02/2010 à 10:01
Il était une fois une grenouille qui voulait découvrir le monde à dos d'âne, une lubie. L'histoire finit mal. Persuadée qu'un jour elle finirait en prince elle se laissa aller, but vodka sur whisky, mangea plus que de raison, remis son voyage à plus tard, "quand je serai sur jambes tout sera plus facile". Elle finit vieille et flétrie, les pattes ridées et mourut dans l'indifférence générale.

les carottes sont cuites

Par aureza :: 15/01/2010 à 14:52
J'ai connu l'abandon, j'abandonne à mon tour, devrais-je me sentir mieux ? Ce matin je suis le lapin, blanc, roux, peu importe. Il y a ces oreilles que je traine et qui m'empêchent de me camoufler. J'ai tout essayé. Sous le bonnet, dans l'élastique, elles ne tiennent pas. Je suis donc ce que je suis. Tristesse. Des larmes coulent de mes yeux rouges. 

ce genre de métamorphose

Par aureza :: 10/12/2009 à 18:57
L'ile engloutie. Empathie. Je me prends pour elle. L'eau monte, inonde mes berges, sature, j'ai les oreilles qui dépassent à peine. Ce n'est pas très élégant. Pas très émouvant. Si j'avais les yeux au niveau des pieds j'aurais échappé au spectacle. Mais là je vois tout, l'eau qui arrive, l'oiseau qui fuit, le péril en entier. Hier j'étais un chien, un paysage, une onde. Je me prends pour ce que je ne suis pas et ne sais plus ce que je suis. Donc. Si je parle et chante et imite un cabinet de dermatologie il faudra me laisser dire et raconter. Les témoignages se font rares. Les gens ne parlent plus. Je suis assise sur un banc. La pierre est froide. Mon dos tire un peu. Je fume une cigarette, les yeux plongés dans l'horizon. Il y a de quoi se taire. 

destin

Par aureza :: 11/11/2009 à 19:01
Il m'arrive un truc bizarre. Je ne sais plus écrire ni manger ni trier. Ecrire revient à faire une chose dénuée de sens, assembler des mots dans un but précis, pareil que ressasser des syllabes qui mises bout à bout n'évoquent plus rien. Charfouti. Melouya. Pratufo. Manger me semble d'abord naturel mais une fois la nourriture en bouche je ne sais plus quoi en faire, elle reste bloquée là, entre les dents, lassée de cette danse immobile je finis par lâcher le contenu sur le sol. Trier c'est faire un choix, censé, efficace. L'idée me fait sourire puis pleurer puis enjamber la fenêtre. Et c'est ainsi que je tombe tête la première et finis en lampadaire de ville arrosé par la pisse d'un chien.

mystère / 360 secondes / mystère

Par aureza :: 06/10/2009 à 18:34
Ceci étant dit. La fin de l'histoire commence. Les sens sont en ébullition. Les spectateurs cherchent les indices qui les mèneront au coupable. A ce stade Ils ignorent encore s'ils sont plusieurs. Les acteurs incarnent au mieux les personnages. Les défauts physiques des uns incitent à faire d'eux les tueurs. L'angélisme de l'actrice principale fait douter aussi. Tout s'entremêle. Les éléments s'accumulent. Les charges s'alourdissent. Les mouvements de caméra troublent la vérité, donnant et reprenant aussitôt. Surprise. Une panne d'électricité plonge la salle dans le noir. Mouvement de panique. Hurlements. Il se passe moins de six minutes. La lumière se rallume. Etrangement à l'écran les comédiens semblent soulagés. Les sièges eux sont maculés. L'odeur du sang attire déjà. Mais qui donc a tué ?

Match nul

Par aureza :: 14/09/2009 à 19:22
Et s’il ne se réveille pas ? Si le mécanisme ne s’enclenche pas, laissant sur le carreau des dizaines de dormeurs, choix arbitraire, lui lui et toi, perdus dans leur sommeil. Si tu penses à ça avant de t’endormir c’est foutu. Mais tu n’y penseras pas. C’est moi qui te torture, distille angoisse et peur, te raconte les faces sombres, celles que tu ne vois pas, que tu n’imagines pas. La lumière sur mon front éclaire même en plein jour. J’ai mal parfois. Le spot aveugle celui qui vient en face, moi il me montre la vie crûment. Il suffit de fermer les yeux pour être à nouveau à égalité.

cache cache

Par aureza :: 04/09/2009 à 21:59
J'ai eu de très bonnes idées. J'ai oublié de les noter. Impossible de me souvenir. Je me concentre, reviens sur mes pas, tente ce genre de petites choses pour retrouver les moments de grâce. Rien. Je croise seulement les doigts pour que la trappe secrète s'ouvre un jour, et déverse à la gueule de mes visiteurs un monticule d'histoires improbables, neuves, encore sous emballage.

réunion tous les mardi

Par aureza :: 29/06/2009 à 18:15
Mon nom n'a jamais été évoqué à la télé, dans les journaux. Personne ne m'a jamais demandé d'aller voir un psy. J'ai été entendu par les flics pendant quelques minutes puis relâché dans la nature. Ce soir-là je suis rentré chez moi comme tous les soirs. J'ai appelé quelques proches. J'avais besoin de parler. Le lendemain je lisais "découverte du cadavre par un promeneur". Depuis j'ai raconté mon histoire mille fois aux collègues, à la famille, aux gens que je rencontre. Quand j'ai découvert le corps il n'y avait plus de tête, plus de jambes, le visage de la femme était méconnaissable. J'ai alerté les pompiers qui ont alerté la police. Je suis resté seul plus de vingt minutes  avec Gisèle. J'ai appris son nom en même temps que tout le monde, en suivant l'affaire dans la presse. J'ai fait des cauchemars pendant longtemps. Je mets encore un moment avant de réussir à m'endormir. Avec d'autres on a créé un comité. Ca fait du bien de partager nos expériences. Je suis devenu très ami avec Hervé, lui a repêché un noyé, c'était pas beau à voir. Nous souhaitons que notre nom soit divulgué, que notre préjudice soit reconnu, que l'on puisse nous aussi avoir les honneurs de la presse. L'anonymat nous tue à petits feux. 

comme je suis grand et fort dans mon vaisseau spatial

Par aureza :: 21/06/2009 à 9:01
J'ai mal au ventre. Le message est diffusé sur l'écran à cristaux liquides au-dessus de ma tête. Après quoi les anciens viennent me donner des conseils. La position influe apparemment sur la douleur. Ceux qui ont connu ça ont l'air de dire que c'est un effet secondaire habituel et bénin. Je suis inquiet. Depuis que nous vivons ici je pense à retourner sur Terre. Nous sommes plusieurs à nous rejoindre le soir venu. La pollution, la guerre, rien ne nous fait plus peur. Je repense à la souris, au philosophe. Nous sommes heureux, vivants mais nous ne le savons pas. C'est ce qu'ils essaient de nous faire croire.

j'ai faim

Par aureza :: 20/06/2009 à 8:15
La souris entre par un petit trou. Elle ne se pose aucune question. Sa motivation est claire et imagée. Dans son esprit se forment des contours imprécis, stimuli nourriture, et la voilà engagée en direction de cette grande maison. L'ennemi juré pour cette souris serait le doute (y a t il à manger dans cette vaste demeure ?). C'est ce que nous pensons nous qui le connaissons si bien. Hors, rien dans ce cerveau minuscule n'est prévu pour cela. Ce qui fait dire au philosophe que nous serions heureux si nous étions souris et il ajoute dans un soupir nous n'aurions pas conscience de l'être.

oeuvrous anonymous

Par aureza :: 19/06/2009 à 4:32
L'art est éphémère. Bientôt la brigade des trottoirs passera, suivie du camion nettoyeur. Le mégot servira à l'identification. L'auteur passera en comparution immédiate. Ma photo servira de preuve.



hypothèse

Par aureza :: 17/06/2009 à 20:05
Les feuilles de journal cherchent à amadouer le passant. Objectif poubelle. Seul le vent aura pitié de la situation.

le cri de la mouette

Par aureza :: 15/06/2009 à 23:01
Je suis une fenêtre ouverte. Ma vue donne sur la baie. Mer, oiseaux et marins tourmentés. La nuit sous la chaleur je rêve à d'autres paysages. Me lasse de ces visions répétitives. L'orage. La grêle tombe avec violence, détruit pare-brises cabosse voitures. Soleil brûlant le lendemain. Au contraste je réagis bêtement, claque, entraine les volets dans un mouvement qui imite mal le reflux de la mer. Le voyage commence. Paysage 1, 2, 12, 28. La roue tourne et s'arrête. Il est bientôt minuit, devant moi des barreaux réguliers. Je ne regarde plus dehors, me concentre sur le bruit des cellules voisines et commence déjà à regretter les sons brumeux de l'océan.

lucidité (éclair de)

Par aureza :: 01/06/2009 à 19:43
Certains jours, domine l'idée que l'on serait heureux si l'on était un autre. On se prend à rêver à l'absolu, pays délicieux où le contexte suit scrupuleusement nos contours, où le paysage colle parfaitement à notre petite personne. Chez moi la tournure frôle la schizophrénie. Je suis à la fois un petit garçon de six ans vivant en bord de mer et cet homme front dégarni qu'aucun ciel n'a jamais épargné. Et pour m'emmêler un peu plus les pinceaux, je suis aussi femme de chambre, piano soliste, fabricant de savon. Je me suis pris au jeu, un peu trop. J'admire les gens simples qui voient dans le jour à venir un simple exercice pratique de savoirs acquis depuis le plus jeune âge.

Je te conseille de cesser ce petit jeu. Au revoir Docteur Murphy.*

Par aureza :: 27/04/2009 à 8:58
Ma croyance tient du miracle. Très petite je retournais mon coussin sur lequel vivait une farandole humaine. Les hommes étaient de toutes les couleurs, alternant avec des femmes vêtues de costumes issus du monde entier.  Je les mettais la tête en bas et attendais sur mon lit, plusieurs heures, que cela fasse effet. Je revenais à ma fenêtre voir comme le monde évoluait. Rien. Aucune conséquence à mes actes. Je grandis dans l'acceptation. Et puis un jour je n'ai pu m'empêcher. Un couteau, une fille, accès d'humeur. Devant le juge je tentai d'expliquer mon geste, lui rappelant l'inertie de la planète face à mes tentatives. Il n'eut pas l'air d'apprécier. Sous le bureau j'agitai mes pieds de façon frénétique espérant que l'air provoquerait un désastre à l'autre bout du monde.

* attention si vous avez lu cette phrase, elle agit de façon subliminale (une autre de mes expériences)**

** ça y est je vous tiens

je ne peux pas dire la vérité

Par aureza :: 09/04/2009 à 11:12
Le vent et l'eau. La prophétie de Cazotte. Il y a quelque chose de miraculeux dans ton regard, sous ta peau. Cette nuit je me suis étendue près de toi. Tu n'as rien senti. Ma présence est souvent indolore. La tienne masque un sacré merdier. Il fait froid. Le vent agite le monde. L'eau le noie un peu plus. Si j'étais flibustier, je m'acharnerais sur le navire et l'ilôt à babord ne serait que mirage. Le désert est pratique pour les illuminés dans mon genre. Je vois une oasis qui existe seulement oeil ouvert et disparait sous le poids des paupières. 

malentendu

Par aureza :: 09/04/2009 à 10:09
Je fais la vaisselle de façon méthodique. Je commence par les assiettes. Je continue par les bols et récipients. Je termine par les couverts laissant pour l'extrème fin les couteaux. Il existe ici quatre sortes de couteaux. Les manches transparents à bouts ronds, les manches noirs et argents à bouts ronds, les pointus lisses et les pointus à dents. Je lave d'abord les manches noirs et argents à bouts ronds de façon individuelle puis les transparents à bouts ronds de la même façon. Ensuite viennent les pointus. J'en isole quatre (les plus longs d'entre eux). Je lave les autres et les rince individuellement. Je reviens sur les quatre (que j'appelle "mes élus"). Je les lave et les passe sous l'eau tous ensemble. Je les vois solidaires. Il arrive qu'un m'échappe pourtant des mains, qu'il glisse au fond de l'évier. Je le reprends, le rince de nouveau, trois fois pour me rattraper. Apparemment ça ne suffit pas, je garde l'image en tête, ce couteau qui m'échappe. Je le sens pointer sur moi, me poursuivre, je le sens qui veut me pénétrer, me fendiller, user de sa pointe. J'ai peur. Il faudra compter jusqu'à cent, boucher les plaques d'égoût avec le pied gauche, allumer et éteindre trois fois chaque pièce dans laquelle j'entrerais, il faudra s'y plier trois jours de suite. C'est fatigant. Alors j'évite de faire la vaisselle. Ma femme me croit paresseux. Elle crie, hurle, pendant que discrètement je caresse du regard "mes élus" perdus dans un flot de couverts en tous genres.

zigouigoui

Par aureza :: 01/04/2009 à 22:15
Il y a des mots qui ne se laissent pas facilement prononcer, des mots qui se camouflent derrière des sens alambiqués, qui ne s'appliquent finalement pas souvent. Je suis toujours étonnée de ces moments où ces mots précieux que notre langue savoure deviennent familier et viennent nous butiner l'esprit au coin d'une rue ou d'un supermarché.

(ceci est obscur - mais certains jours la clarté m'éblouit de trop - je la laisse à d'autres)

Puisque tout est dit

Par aureza :: 28/03/2009 à 9:17
Il y a des siècles, un paysan (ils étaient nombreux et majoritaires en ce temps) se leva plus tôt que d'habitude, la journée fût un enchainement de problèmes et dysfonctionnements en tous genres. Il fût de fort mauvaise humeur, ne trouva d'aide en personne. Fort de cette expérience -aigri, mauvais-, il se coucha et dit à haute voix (destiné à sa femme) : il ne faut compter que sur soi.

Ceci prouve une fois de plus que la société repose sur des lois absurdes pondues par des coqs et poules peu épargnés par leur contexte.

Cela dit il n'avait pas tort (le paysan).


"sais-tu qu'un salaud a bu l'eau du nénuphar"

Par aureza :: 16/03/2009 à 12:45
Quand un acteur joue trop bien on n'y voit que du feu. Le chanteur est mort et mon histoire d'amour avec. Je ramène à moi. Dans les reportages j'ai remarqué la rhétorique, les gens ont besoin de dire qu'ils ont mangé avec, marché à côté de lui, connu sa femme, son chien. Sa musique me manque mais sans lui la terre tournera. Ca me coute de dire ça. L'homme que j'aimais jadis vient lui aussi de mourir un peu plus. Deux victimes et mon embarras. Plus ça va et plus je me perds. La fin des choses. Je ne m'y fais pas.